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4. - LE CONTEXTE GÉNÉRAL ACTUEL
- 4.1 - Les textes applicables
- 4.2 - Les producteurs face à la traçabilité
- 4.2.1. - Les producteurs européens
- 4.2.2. - Les fournisseurs de l'Europe
- 4.3 - Les centrales d’achats
- 4.3.1. - Elles ont un problème majeur à traiter
- 4.3.2. - Leur positionnement actuel
- 4.3.3. - Leurs velléités
- 4.3.4. - Ce qui est déjà réalisé dans le domaine
- 4.3.5. - Les réactions induites par ce qui a été réalisé
- 4.4 - A titre de conclusion
La traçabilité est une démarche :
- Légalement obligatoire, les textes et leurs dates d'application sont connus.
- Apparemment imposée aux producteurs, mais qui leur ouvre en fait une réelle opportunité commerciale nouvelle.
- Immédiatement obligatoire pour la distribution, dans le cadre strict de leur responsabilité potentielle dans la gestion de la sécurité alimentaire publique et bien entendu en corollaire, dans la gestion de leur image de marque.
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4.1 - LES TEXTES APPLICABLES
Les plus importants sont :
- la directive 95-2001 applicable au 15 janvier 2004
- le règlement 178-2002 applicable au 1° janvier 2005
Ces textes définissent l'exigence de traçabilité, i-e le résultat attendu. Ils n'imposent pas de solutions et ne décrivent pas les moyens à mettre en œuvre.
Soulignons simplement qu'ils font référence à tous les maillons des filières, depuis la production jusqu'à la distribution, y compris les intrants agricoles ou adjuvants de process.
Ils font également référence aux produits importés, qu'il s'agisse de matières premières ou de produits élaborés.
Il est donc clair que le système mis en place récemment par un grand distributeur pour ses marques MDD, ne traite qu'une petite partie des exigences des textes légaux, qu'il devra forcément être complété par la traçabilité des matières premières de ces MDD et que la question du support inter-entreprises de cette traçabilité amont va se poser à court terme.
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4.2 - LES PRODUCTEURS FACE À LA TRAÇABILITÉ
4.2.1. - LES PRODUCTEURS EUROPÉENS
Nous l’avons évoquée précédemment, les paramètres se résument ainsi :
- Ils ont besoin de démontrer que leurs produits sont d’une excellente qualité, ils veulent concurrencer les importations en démontrant la compétitivité de leurs productions, ils savent que leurs clients transformateurs ou distributeurs ont besoin d’une traçabilité totale.
- Ils ne disposent pas des moyens d’investir lorsqu’ils sont de simples producteurs locaux de petite taille.
- Les entreprises de production ou les coopératives, malgré les subventions, ne sont pas prêtes à investir dans une démarche de traçabilité.
- parce qu’elles ont déjà investi dans des systèmes informatiques pour passer l’an 2000,
- elles ont encore investi dans des systèmes pour gérer le passage à l’euro.
- Elles ne sont pas prêtes à aller plus loin dans la démarche d’investissement informatique, aussi longtemps que la performance commerciale induite ne leur sera pas garantie par les opérateurs de la distribution ou de la restauration hors foyer.
- Compte tenu des mauvais résultats conjoncturels dans les filières bovines (E.S.B. & fièvre aphteuse) et agricoles (intempéries récurrentes, concurrence des importations depuis les pays de l’Est etc..), les producteurs ne sont pas disposés à accéder aux désirs de la distribution qui est considérée comme le bouc émissaire de leurs problèmes.
Pour toutes ces raisons, les producteurs ne sont pas disposés, même sous la contrainte économique, à tracer leurs produits sur des outils qui vont absorber une partie de leurs marges et exiger, sans contrepartie claire, de contribuer à des investissements dont ils n'auraient pas la maîtrise finale.
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4.2.2. - LES FOURNISSEURS DE L'EUROPE
Ils sont dans une situation globalement similaire mais encore bien plus délicate. Rappelons que lorsque l'Union Européenne a imposé la normalisation sanitaire des unités de process à tous les fournisseurs de l'Europe, certains pays ont été interdits d'exportation pendant des périodes plus ou moins longues créant de toutes pièces de véritables séismes économiques lorsqu'ils n'ont pas créé de surcroît des crises diplomatiques.
Les pays fournisseurs de l'Europe, craignent une crise similaire motivée par l'obligation de traçabilité. En première lecture et aujourd'hui, ils ne voient là qu'une nouvelle manifestation du protectionnisme européen.
Gageons qu'une explication large devra être entreprise et que des outils adaptés devront être étudiés.
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4.3 - LES CENTRALES D’ACHATS
4.3.1. - ELLES ONT UN PROBLÈME MAJEUR À TRAITER
Cette problématique est logique et légitime, soulignons le. Très concrètement :
- Il y a en moyenne 2 retraits de produits par jour dans une grande chaîne de distribution.
- Les entreprises de production travaillent 5 jours par semaine en moyenne.
- Les chaînes de distribution travaillent 6 jours au moins et la RHF 7 jours sur 7.
Question :
- comment une chaîne peut-elle connaître les historiques et plans de retrait à mettre en œuvre pour les produits, à tout moment, même lorsque le service qualité des producteurs n'est pas joignable ?
Réponse :
- en disposant d'une base de données de traçabilité disponible en permanence.
Toutes les chaînes de distribution, de détail ou de RHF réfléchissent à une solution. Leur urgence se situait au niveau des MDD (marques distributeur), ils espèrent étendre très rapidement le système aux autres produits.
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4.3.2. - LEUR POSITIONNEMENT ACTUEL
Pour toutes les raisons évoquées précédemment,
- Les centrales d’achats ont besoin de la traçabilité. Elles savent que c’est une contrainte coûteuse pour les producteurs. Elles n'hésitent cependant pas à l'imposer parce que la démarche est incontournable.
- Elles ont créé leurs propres labels, elles ont besoin de la traçabilité pour les étayer. Elles vont étendre la démarche aux autres produits qu'elles achètent.
- Elles sont chargées périodiquement de tous les maux induits en particulier par leurs méthodes commerciales d'achat et de vente.
Pour rétablir cette image, la distribution conduit de multiples actions de communication qui n’entament cependant pas la persistance de la mauvaise image qu’en ont les fournisseurs. Les investissements en communications de toutes natures ont représenté 1,5 milliard € en 1999 pour les seules chaînes françaises.
Gageons que l'affectation d'une faible partie de ces sommes au financement d'un outil au profit des producteurs et transformateurs scellerait le partenariat impossible aujourd'hui, production / distribution.
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4.3.3. - LEURS VELLÉITÉS
Chaque centrale, en l’absence d’un système standard répondant à leurs attentes, a une forte tentation de créer sa propre base de données de traçabilité et d’imposer à chacun de ses fournisseurs d’y inscrire les éléments de traçabilité des produits qui lui sont destinés.
La démarche n’est pas nouvelle, les fournisseurs ont déjà donné.
Les centrales ont déjà fait cela avec l’inscription obligatoire des offres fournisseurs des serveurs Minitel, coûteux et fastidieux, incompatibles entre eux, en lieu et place des offres par fax.
Or, ce qui a été possible pour les offres commerciales, ne l’est techniquement pas pour la traçabilité :
- Un producteur n’est jamais agréé par une seule centrale d’achat.
- A priori il ne sait pas, lorsqu’il produit une matière première, qui va lui acheter sa production. Même s’il est sous contrat, ce n’est pas toujours la totalité de ses parcelles qui sont incluses dans l’accord commercial.
- S’il trace son produit sur la base privative d’un seul acheteur potentiel, il court le risque de devoir ressaisir ses données sur une autre base pour pouvoir vendre sa production à un autre opérateur. C’est une hypothèse invraisemblable lorsque l’on sait que le temps d’élaboration d’une matière première et donc sa traçabilité, peut s’étaler sur plusieurs mois.
La base de données de traçabilité inter-entreprises, transversale, destinée aux matières premières, sera donc obligatoirement indépendante des centrales et accessible à tous.
De même, compte tenu de la multiplicité des filières concernées, aucune organisation de producteurs ne pourra être le gestionnaire unique d’une telle base.
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4.3.4. - CE QUI EST DÉJÀ RÉALISÉ DANS LE DOMAINE
La chaîne Carrefour, deuxième groupe mondial de distribution a une nouvelle fois montré l’exemple. A fin avril 2003, la chaîne a mis en place et imposé sa propre base de données de traçabilité mais uniquement POUR LES PRODUITS A MARQUE DISTRIBUTEURS, c’est à dire à sa propre marque pour laquelle elle a toute liberté d’imposer ses contraintes.
Ceci démontre, si c’était nécessaire, que l’obligation de traçabilité n’est plus un concept virtuel mais une exigence opérationnelle et légale tangible et immédiate.
Ceci démontre également, que chaque chaîne peut disposer de sa propre base pour SES marques, mais ils ne disposent pour l'instant, d’aucun moyen pour tracer des produits provenant de producteurs n’exploitant aucune marque propre.
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4.3.5. - LES RÉACTIONS INDUITES PAR CE QUI A ÉTÉ RÉALISÉ
C'est une liste négative pour l'instant. Il semble que le monde de l'agroalimentaire, sans avoir encore identifié une solution, ne souhaite pas :
- Que les moyens de la traçabilité soient entre les "mains" de la seule distribution.
- Que les moyens de la traçabilité soient portés par des groupements d'intérêts économiques ou syndicaux. Ils sont tellement variés dans l'agroalimentaire que l'unité est peu pensable.
- Que les moyens de la traçabilité soient gérés par des entreprises privées. Les récents problèmes ont montré à l'évidence que la sécurité alimentaire ne peut pas être soumise aux décisions plus ou moins drastiques de tel ou tel conseil d'administration.
Il nous a donc semblé qu'il n'y avait qu'une seule solution envisageable pour l'instant :
La traçabilité inter-entreprises doit être un projet transversal, indépendant de tous les groupes de pression envisageables, ouvert à tous sans distinction de taille économique ou de filière. En d'autres termes, un projet institutionnel défini et supervisé par une association de tous les professionnels qui se sentent concernés.
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4.4 - A TITRE DE CONCLUSION PROVISOIRE
La traçabilité est incontournable, nous avons essayé de le démontrer.
- C’est un support obligatoire de la sécurité alimentaire.
- C’est un acte commercial fort.
- C’est un paramètre important de maîtrise de la mondialisation.
- Elle va concerner 15M de producteurs européens dès le 1°Mai 2004.
- Les modalités de sa mise en œuvre ne passeront pas par de simples textes législatifs. Des outils techniques et logistiques appropriés seront indispensables et leur mode de management sera une des clés de leur efficacité.
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