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LA TRACABILITE des PRODUITS AGROALIMENTAIRES

Après le 31 décembre 2004, toutes les entreprises de la filière agroalimentaire devront mettre en place la traçabilité effective de leurs produits et de leur process si elles veulent poursuivre leurs activités, que ce soit une activité de production, de transformation, d’import, d’export, de prestation de services, qu’elles soient installées en Europe ou dans les pays tiers fournisseurs de l’Europe.

La traçabilité des produits agroalimentaires est une contrainte, certes, mais c'est aussi - et dès aujourd'hui - un formidable enjeu commercial.

1 - Légalement : personne ne pourra plus éluder le sujet !

Deux textes majeurs l'imposent :
  • Directive 2001/95/CE du Parlement européen et du Conseil du 3 décembre 2001. Elle entre en application le 15 janvier 2004.
Elle est relative à la sécurité générale des produits et annonçait déjà la traçabilité obligatoire.

  • Règlement 178/2002/CE du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2002. Il entre en application le 1er janvier 2005.
Il établit les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire. Ce texte indique clairement l'exigence de traçabilité totale y compris pour les produits importés.

2 - Commercialement : L'avenir des entreprises du marché va en dépendre et cela pour deux raisons au moins !

Pour bien comprendre le contexte dans lequel les entreprises de l'agroalimentaire évoluent aujourd'hui, il faut se rapporter à un fait qui s'est révélé fondamental. Les media ont aidé, légitimement, à faire comprendre aux consommateurs

"qu'ils sont ce qu'ils mangent et respirent"

Partant de cette constatation, toutes les grandes orientations, souvent classées à tort dans la rubrique "écologie", trouvent une explication.

Un producteur est devenu a priori suspect de fournir un produit "qui peut être de mauvaise qualité sanitaire" et tout transformateur est un pollueur potentiel. Corollaire immédiat : le producteur et le transformateur doivent faire la preuve de la qualité de ce qu'ils distribuent. Et tout cela n'est que légitime, soulignons le.

Ajoutés à cela les rares mais très médiatisés incidents sanitaires, complètés par le fléau qu'a constitué l'ESB et son impact psychologique, nous arrivons à un véritable "Syndrome Sécuritaire".

Principe de précaution aidant, plus aucun acheteur ne prendra le risque d'approvisionner le moindre produit pour lequel il ne puisse démontrer qu'il a obtenu toutes les assurances imaginables sur la qualité.

Ceci ne concerne pas la seule Grande Distribution. La procédure va s'étendre à tous les opérateurs de tous les circuits de distribution : La GMS évidemment et en premier, mais aussi la RHF (Restauration Hors Foyer), les acheteurs des collectivités, mais encore les grossistes et très bientôt les restaurateurs etc…

En d'autres termes, si un producteur ou transformateur n'est pas en mesure de prouver qu'à toutes les étapes de son process, la qualité de ses productions ou du produit qu'il a importé, n'a pas été rigoureusement sous contrôle, il n'aura simplement plus d'acheteur potentiel.

Ce phénomène a une illustration immédiate.

En mai 2003, le groupe Carrefour a annoncé la création d'une base de données pour la traçabilité de ses produits MDD (Marques De Distributeurs), avec un prestataire de services récemment spécialisé dans le domaine. Cette démarche, légitime pour les produits MDD, louable et très démonstrative, correspond bien aux habitudes du groupe de distribution qui a toujours été très en avance et montré l'exemple.

Nous avions fait remarquer à l’époque que la traçabilité des produits du fabricant au distributeur était sans doute indispensable mais que la traçabilité ne srait vraiment effective qu’à partir du moment où toutes les matières premières, les intrants, adjuvants de production et les prestations des services annexes en amont du distributeur, seraient eux-mêmes tracés.

Le 4 septembre 2003, la presse s’est faite l’écho de l’extension de la démarche, avec le même prestataire, aux groupes Casino et Auchan. Là encore nous ne pouvons qu’applaudir une démarche forte, privée, démonstrative et toujours exemplaire.

Cette base, qui constitue un formidable outil de contrôle de l'amont des filières, ne peut pas être étendue sous cette forme aux productions et producteurs hors marques distributeurs. Il nous paraît exclu que la même base de données totalement sous la coupe des Grandes Enseignes de la distribution, serve de système de gestion transversale de la traçabilité inter-entreprises de tous les opérateurs.

3 - Il existe une alternative.

Selon l'IET@, la seule solution pour gérer de façon transparente, sécurisée, confidentielle, la traçabilité des productions et des produits importés dans notre pays, est de disposer d’une base de données transversale, indépendante de tous les groupes de pression et exclusivement gérée par les professionnels de l’agroalimentaire eux-mêmes réunis au sein d'un GIE piloté par notre association.

Hors de cette polémique conjoncturelle qui ne devrait être que temporaire et de façon plus globale, il demeure qu'un grand nombre d'entreprises ne savent pas comment aborder techniquement cette nouvelle étape de leur développement.

La traçabilité, c'est simple à mettre en place….. à condition d'avoir les bonnes informations mises en oeuvre avec la bonne méthode !

Sans une méthode rigoureuse et adaptée, le travail entrepris peut être non seulement inefficace mais coûteux voire déstabilisant pour l'entreprise. Nous l'avons mesuré de trop nombreuses fois en tant que consultants.

Il nous est apparu que la création d'un Institut spécialisé, ouvert à tous les acteurs des filières agroalimentaires, serait la meilleure forme pour faire partager au plus grand nombre, les moyens de mettre en place une traçabilité digne de ce nom, même s'il doit y avoir, pour certains, de nombreuses étapes avant d'atteindre l'excellence.

  La traçabilité vue par IET@  
   
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Copyright Institut Européen de la Traçabilité Agroalimentaire - 2003