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Pourquoi la traçabilité : retour à la table des matières du texte
1. - SURVOL HISTORIQUE
1.1 - Evolution de l’agroalimentaire
1.1.1. - L’évolution technologique
1.1.2. - Le poids de l’aval
1.1.3. - Le paradoxe de la production
1.1.4. - La mondialisation des marchés
1.2 - Incidences économiques de l'évolution

1.1 - EVOLUTION DE L’AGROALIMENTAIRE

1.1.1. - L’ÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE

A partir du XIX°siècle, avec l’évolution des techniques et des transports, les produits agro-industriels vont se substituer aux produits agricoles. Ils s’agit de l’industrialisation de certaines productions issues de l’agriculture auxquelles une notion de services associés a été ajoutée. Chronologiquement :
Les « aliments services » sont apparus, ils ont permis de réduire les contraintes domestiques et de simplifier certaines tâches.
Les « aliments servis » les ont complétés, ils ont supprimé le travail de préparation des repas du consommateur final (montée en puissance de la RHF).

C’est l’évolution de notre mode de vie, influencé par, ou poussant le marketing, qui a conduit la sophistication technique des process, l’allongement des distances de distribution, la diminution des temps d’approvisionnement, l’augmentation des délais limites de consommation pour favoriser la bonne gestion des linéaires.

Tous ces éléments sont la conséquence d’un mode de vie devenu incontournable, ils ont eu trois implications principales et marquantes :

Implication positive pour la production
Ils ont permis, de multiplier les marchés potentiels de la production.
Implications globalement négatives
Ils ont eu un impact si rapide que les producteurs n’ont pas suivi l’évolution commerciale imposée. Dans cette démarche, les producteurs ne se sont pas emparés des circuits de commercialisation de leurs produits. Ils ont induit une multiplication des risques de toutes natures pouvant affecter la sécurité alimentaire et donc la santé publique.

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1.1.2. - LE POIDS DE L’AVAL

Ce maillon aval, en Europe, est dans la majorité des cas totalement indépendant de la production, c’est une distribution concurrentielle, ce n’est plus le maillon aval de la production. En clair, il est constitué d’acheteurs des productions, non pas de vendeurs des productions.

De façon très schématique la distribution finale des produits frais alimentaires se répartit de la façon suivante :

Les GMS représentent 65 à 70% de la distribution des produits frais
La RHF en assure environ 15%
Les magasins de proximité, environ 20%
Les grossistes et intermédiaires qui approvisionnent une partie de la RHF et les magasins de proximité maîtrisent environ 25% de la distribution.

Le poids des centrales d’approvisionnement est tel, que le pilotage des filières se fait désormais par l’aval.

L’acheteur de centrale impose son prix et ses contraintes techniques, elles sont répercutées sur les maillons précédents. De fait, les mécanismes de formation des prix se sont inversés :

Pour les produits courants, la grande majorité, le prix de revient donnait autrefois la base de calcul d’une multiplication qui donnait le prix de vente,
Le prix de revient a été remplacé par un Prix de Production Imposé (P.P.I.). La multiplication a été remplacée par une soustraction.

Ainsi le PPI est le prix de vente théorique possible sur le marché du dernier maillon de la distribution, auquel on retire en cascades successives, toutes les marges des intermédiaires plus ou moins obligatoires.

De façon très triviale nous pourrions dire que le PPI : « c’est ce qui reste quand tout le monde s’est servi ». C’est du moins de cette façon que le formulent les producteurs.

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1.1.3. - LE PARADOXE DE LA PRODUCTION

Pendant que les maillons aval de la distribution faisaient évoluer rapidement les moyens mobilisés pour suivre ou anticiper l’évolution des attentes des consommateurs, les producteurs ont cultivé un paradoxe.
Leurs méthodes de production ont évolué de façon considérable,
Leurs offres produits et leurs méthodes de mise en marché n’ont pas suivi. Nous l’avons vu précédemment.

La distribution est accusée de tous les maux par les producteurs, mais elle ne fait qu’assumer sa fonction de première ligne face au consommateur et elle a souvent suppléé aux carences organisationnelles de la production.

La dispersion de la méthodologie de commercialisation des producteurs a été telle que producteurs et distributeurs vivent aujourd’hui dans deux mondes économiques différents, ce qui, avouons-le, ne favorise pas directement le dialogue.

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1.1.4. - LA MONDIALISATION DES MARCHÉS

Parallèlement, la mondialisation des marchés a eu deux incidences au moins :
Une diversification technique
les produits exotiques ont pénétré les marchés européens. Cette pénétration a permis aux producteurs étrangers de mieux connaître le marché européen et d’en identifier le potentiel et les besoins.
Une concurrence commerciale
découvrant le marché européen, les pays en voie de développement ont cultivé et exporté des produits traditionnellement cultivés en Europe.

Ces exportations se sont faites dans un premier temps à des prix que les producteurs étrangers croyaient élevés, en fait à des prix très bas comparés à ceux des producteurs européens (conséquence de l’absence de réelles données de référence sur les marchés).

Ces exportations se sont également faites initialement dans des conditions limites du point de vue de la sécurité alimentaire (non conformité sanitaire des unités exportatrices), cet aspect a été rectifié dans la dernière décennie avec l'uniformisation des règles sanitaires.

La mondialisation elle aussi est accusée de tous les maux, c’est une véritable concurrence technique et commerciale qu’elle a induite, mais c’est un phénomène incontournable.

Aujourd’hui l’Europe est :

Importatrice à hauteur de 65 % de ses besoins en produits de la mer.
Très largement exportatrice en productions agricoles.
A peu près autosuffisante en produits d’élevage, viandes et dérivés.

A l'évidence, les échanges sont primordiaux dans l’économie de l’agriculture européenne.

Dans ce contexte :

Les investissements techniques de plus en plus sophistiqués des producteurs européens, induisent des coûts tels que la compétitivité des exportations est pénalisée.
L’absence d’uniformisation technologique, sécuritaire et salariale chez les pays fournisseurs de l’Europe, favorise les importations concurrentes à bas prix.

Dans ses outils et moyens, la distribution utilise la mondialisation pour satisfaire les consommateurs et lisser ses marges, alors que les producteurs la combattent pour une concurrence qui n'est pas déloyale mais simplement factuelle.

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1.2 - INCIDENCES ÉCONOMIQUES DE L'ÉVOLUTION

En Europe, les évolutions techniques et commerciales que nous avons survolées font que le producteur ne dispose plus d’aucune liberté. Les conditions techniques de sa production et son prix de cession lui sont de plus en plus imposés.

Ceci se traduit par une répartition des dépenses alimentaires qui est globalement la suivante. Lorsque le consommateur dépense 100 € :

 La production reçoit 25 €
 Les industries alimentaires reçoivent 25 €
 La distribution reçoit 30 €
 les industries liées & services reçoivent 20 €

La production de matières premières de base, issues de l'agriculture et de la pêche, demeure la source irremplaçable de la production alimentaire, mais sur cette base, s’est construite une « superstructure industrielle et commerciale » dont l’importance économique devient prépondérante, qui crée la valeur ajoutée, mais qui échappe de plus en plus aux producteurs.

Tout ceci pourrait se résumer par l’image traditionnelle suivante : « Au XVIII siècle, deux heures de travail d’un manœuvre permettaient d’acheter 1 kilo de céréales à un producteur. Aujourd’hui, ce sont cinq minutes de travail d’un manœuvre qui permettent d’acheter 1 kilo de céréales à un producteur ».

Dans cette spirale descendante, les producteurs ne doivent pas compter sur l'évolution de la PAC pour retourner la situation en leur faveur, ni sur l'élargissement de l'Europe à 25 états le 1° Mai 2004.

Il faut chercher ailleurs, selon nous, une opportunité de consolidation de la puissance des maillons de la production et de la transformation des produits agroalimentaires.

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